Dans le métro
Dans le métro du Caire, la courtoisie est encore de mise, et on cède en général sa place aux femmes accompagnées d'enfants en bas âge ou aux personnes âgées. Certains wagons sont d'ailleurs réservés à la gent féminine, dont la pudeur pourrait être offensée par la cohabitation avec les hommes. Là, coexistent toujours les formes de "voiles", côtoyant certaines minijupes des plus arrogantes. Parfois un étourdi de sexe masculin se fourvoie dans le "wagon-harem" : il ne lui faut en général pas longtemps pour comprendre sa méprise, et il repart tête basse sous les quolibets de ces dames que la bévue de l'usager imprudent amuse beaucoup.
Ce wagon des femmes est souvent le cadre de scènes charmantes et familières : des enfants circulent de bras en bras, des femmes donnent le sein à leur bébé, enfin libérées de leur gêne habituelle. Des complicités féminines se nouent à l'abri du regard paralysant et redouté de l'autre sexe : un sourire appelle un clin d'oeil qui lui-même provoque une réflexion ou fait fuser un rire. Il ne faut pas plus pour que tout le wagon soit pris d'une hilarité communicative puis d'un fou rire collectif !
Certaines paysannes, habituées à s'assoir par terre, adoptent également cette position dans le métro, et il n'y a pas d'autre solution pour se frayer un chemin vers la sortie.
Outre la possibilité de voyager entre femmes, la condition féminine offre ici un avantage non négligeable : les représentantes du sexe dit "faible" sont autorisées à court-circuiter la queue pour acheter leurs tickets. Une 2e file parallèle se crée ainsi, qui est servie à raison d'un tour sur deux.
